M. Ratzinger, 265e et actuel souverain pontife de l'Église romaine, a décidé la levée de l'excommunication de 4 évêques intégristes de la communauté schismatique FSSPX.
Les membres de cette communauté rejettent les orientations progressistes du Concile de Vatican II, parmi lesquelles la reconnaissance de la légitimité, voire de la nécessité d'un dialogue inter-religieux. Ce rejet n'est pas seulement la preuve d'une intolérance des plus extrêmes ; il constitue, de manière peut-être plus essentielle, une marque de la profonde incohérence de cette communauté en matière de rapport à la foi.
Le fait religieux, dans sa dimension individuelle, relève d'un sentiment profondément personnel. Croire, c'est éprouver, au plus profond de soi, l'évidence religieuse, c'est ressentir comme une nécessité l'existence d'un être absolu que l'on nomme Dieu. La foi ne peut être contrainte ; dans le domaine de la croyance religieuse, l'injonction ne saurait produire ses effets. Il est vain de vouloir "raisonner" un croyant, de la même manière qu'il est vain de vouloir "persuader" un athée. Nier la "validité" de la foi de quelqu'un d'autre, refuser le dialogue avec les autres religions sous le fallacieux prétexte d'un prétendu monopole de la foi légitime, c'est véritablement se méprendre sur la vraie nature de la foi. La foi n'est pas conformation de ses pensées et de ses espoirs à un dogme arbitraire, elle n'est pas soumission à un ensemble de préceptes creux et vides de sens. Le refus du dialogue inter-religieux n'est rien d'autre que la négation de la subjectivité profonde de la véritable foi, négation de l'idée même d'une foi véritablement intime et personnelle. Nier la foi de l'autre, c'est donc nécessairement nier simultanément sa propre foi, ou tout du moins la ramener à un processus d'adhésion impersonnel et irréfléchi.
Le refus du dialogue inter-religieux est ainsi la marque d'une profonde incohérence des extrémismes en tous genres, lesquels relèvent davantage de l'idéologie haineuse la plus primaire et la plus méprisable que de la véritable religion.
Les membres de cette communauté rejettent les orientations progressistes du Concile de Vatican II, parmi lesquelles la reconnaissance de la légitimité, voire de la nécessité d'un dialogue inter-religieux. Ce rejet n'est pas seulement la preuve d'une intolérance des plus extrêmes ; il constitue, de manière peut-être plus essentielle, une marque de la profonde incohérence de cette communauté en matière de rapport à la foi.
Le fait religieux, dans sa dimension individuelle, relève d'un sentiment profondément personnel. Croire, c'est éprouver, au plus profond de soi, l'évidence religieuse, c'est ressentir comme une nécessité l'existence d'un être absolu que l'on nomme Dieu. La foi ne peut être contrainte ; dans le domaine de la croyance religieuse, l'injonction ne saurait produire ses effets. Il est vain de vouloir "raisonner" un croyant, de la même manière qu'il est vain de vouloir "persuader" un athée. Nier la "validité" de la foi de quelqu'un d'autre, refuser le dialogue avec les autres religions sous le fallacieux prétexte d'un prétendu monopole de la foi légitime, c'est véritablement se méprendre sur la vraie nature de la foi. La foi n'est pas conformation de ses pensées et de ses espoirs à un dogme arbitraire, elle n'est pas soumission à un ensemble de préceptes creux et vides de sens. Le refus du dialogue inter-religieux n'est rien d'autre que la négation de la subjectivité profonde de la véritable foi, négation de l'idée même d'une foi véritablement intime et personnelle. Nier la foi de l'autre, c'est donc nécessairement nier simultanément sa propre foi, ou tout du moins la ramener à un processus d'adhésion impersonnel et irréfléchi.
Le refus du dialogue inter-religieux est ainsi la marque d'une profonde incohérence des extrémismes en tous genres, lesquels relèvent davantage de l'idéologie haineuse la plus primaire et la plus méprisable que de la véritable religion.
Commentaire haineux
RépondreSupprimer"Idéologie haineuse" me paraît beaucoup trop exagéré, surtout lorsqu'on la compare avec la véritable religion (telle qu'elle est décrite ici), qui ne serait que de la subjectivité primaire et apathique. Le fait religieux n'est pas qu'individuel, il touche à l'universel, et cela comprend aussi, concrètement, la communauté des croyants. Accepter le dialogue inter-religieux, c'est admettre que ce en quoi l'on croit n'a pas de valeur hors de soi. Donc le dialogue ne doit pas faire oublier que les autres ont tort si tel est le cas.Sinon de quelle religion véritable serait-il possible de parler? De plus, croire ne se réduit pas à "éprouver (...)comme une nécessité l'expérience de Dieu". Enfin, la réintégration des évêques FPX n'est pas un acte doctrinal, mais une habile manoeuvre politique. Comme dans les années 30 un communiste de gouvernement n'a plus de véritable légitimité , ainsi un évêque schismatique réintégré n'a plus de raison d'être rebelle, d'autant plus qu'il est désormais subordonné à sa hiérarchie.
Que les personnes qui croient à Dieu, pensent leur croyance potentiellement universelle, c'est un fait inhérent à la religion. Il n'empêche que la croyance est quelque chose qu'une personne ressent en soi, comme un germe que tout homme peut porter en lui certes, mais comme un sentiment que personne ne peut lui imposer ni lui retirer. Il y a une grande différence entre l'universalité de fait et de droit ici (bon, ok, je pars dans des références philosophiques foireuses, mais je ne vois pas comment le dire autrement...)
RépondreSupprimerSi "croire ne se réduit à éprouver comme une nécessité l'expérience de Dieu", alors qu'y a-t-il de plus ? N'étant pas croyante, je pose franchement la question. Les croyants que je rencontre et avec qui je discute semblent pourtant d'avantage se rapprocher de cette définition.
Enfin, en ce qui concerne "l'habile manoeuvre politique", il faudrait parfois arrêter de jouer avec le feu. Sans doute, il y a un calcul politique derrière, mais il ne justifie pas une réintégration qui, qu'on le veuille ou non, semble cautionner chez des dignitaires de l'Eglise des opinions inacceptables. Par ailleurs, étant donné les déclarations du pape qui vont toutes dans le sens d'une plus grande fermeture de l'Eglise, on peut légitimement se poser la question de jusqu'où va la politique et où commence l'indulgence coupable.
Je dois reconnaître que je n'ai pas très bien compris où se trouve l'incohérence entre la réintégration par le Pape des évêques schismatiques d'une part, et l'existence de la foi dans la communauté des croyants. Apparemment, cela semble reposer pour toi sur le fait que cette réintégration constitue ouvertement une négation d'un possible dialogue inter-religieux tel que le concile de Vatican II souhaitait l'établir, c'est bien cela?
RépondreSupprimerLe problème, il me semble, c'est que l'on agrège avec un peu trop de facilité ce que pensent véritablement "les croyants" et ce que pense et fait le haut clergé au nom de la communauté, et en particulier parmi eux, le Pape. Mais cette ambiguïté naît-elle même de la difficulté que nous avons à percevoir l'entrelacement qui s'effectue au sein de l'Eglise entre pouvoir spirituel et pouvoir temporel, et donc par conséquent entre pouvoir religieux et pouvoir politique. Il suffit de voir le récent sondage portant sur des croyants qui "souhaiteraient la démission du Pape". C'est à l'évidence une incongruité, puisque dans l'Eglise, les rapports d'autorité sont "top-bottom" et pas "bottom-top" (si je peux me permettre d'employer cette typologie).
Autrement dit, du point de vue de l'autorité spirituelle, les croyants n'ont en théorie qu'à accepter ce qui est édicté au sommet. En théorie, puisque dans la pratique, bon nombre de croyants s'éloignent du dogme imposé par l'Eglise (après tout, la France est officiellement une "terre de mission" pour l'Eglise).
Ceci, bien sûr, n'empêche pas la foi : il me semble au contraire que l'on voit assez en sociologie le fait qu'il existe différentes modalités de "vivre sa foi" (en participant à des activités associatives en liaison avec la paroisse, en participant aux fêtes religieuses, aux JMJ, etc etc...).
Tu évoquais d'ailleurs le "monopole de la foi légitime" comme un prétexte fallacieux. Mais il me semble au contraire que c'est bien ce cadre d'analyse là qu'il faut mobiliser ici : face à un sentiment de "perte" de monopole (diminution du nombre de prêtres, vivacité et visibilité des autres mouvements religieux y compris dans des "terres chrétiennes"), et la crainte de ne plus être obéi, le "durcissement" de la ligne de l'Eglise apparaît comme une tactique viable pour elle-même se "redynamiser". On peut d'ailleurs remarquer que ce mouvement va de pair avec une sorte de "radicalisation conservatrice" des mouvements religieux.
En ce sens, je ne sais pas si j'ai pu être clair, mais il me semble qu'il faudrait distinguer la "foi" du point de vue des croyants, qui est par définition soumise à une certaine inertie, et d'autre part, les tentatives de la part de l'Eglise de remodeler cette foi, et en liaison avec cette transformation, les choix politiques qu'elle opère.
Quant au jugement à réserver à cela, je ne sais pas dans quel sens le prendre. Etant athée à tendance laïque, je devrais me révolter contre cette réintégration des schismatiques, qui n'augure rien de bon quant à la préservation de la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Mais étant aussi athée à tendance anticléricale, ça ne fait que confirmer pour moi le fait que l'Eglise aura beau se réformer, elle n'en restera pas moins un instrument de domination au service de ses membres les moins scrupuleux et les plus "tape-à-l'oeil" (ce qui n'enlève rien à leur dangerosité).